Ils sont bisexuels et en couple.

Ils sont bisexuels et en couple.

Ils sont bisexuels et en couple.

Crédit photo : Andréa et Luc, photographe Julien Mojo

De nos jours en France, il est plus facile de vivre sa sexualité librement qu’il y a 50 ans. Et heureusement !
S’il reste encore beaucoup de progrès à faire ici malgré tout … dans d’autres pays sur d’autres continents cela est bien plus compliqué voire même dangereux d’avoir une orientation sexuelle ‘différente’ du schéma classique dicté bien souvent par les religions. Le combat des associations LGBTQI continue.
Comme le dit la Revue Frustration : Être homosexuel·le en 2018, c’est toujours la merde

Hommes et femmes c’est vrai assument plus facilement et pleinement leurs désirs, leurs fantasmes et leur orientation sexuelle … mais toujours majoritairement dans la sphère très privée voire secrète.
Finalement, qu’est ce que l’orientation sexuelle ? Encore une case dans laquelle la société nous range … ?

>>Wikipédia à la rescousse : L’orientation sexuelle est, en sciences humaines et sociales, un mode durable d’attirance sexuelle pour le sexe opposé, le même sexe, ou les deux sexes, et les genres qui vont avec.
Ces attirances sont communément acceptées comme étant l’homosexualité, la bisexualité, et l’hétérosexualité. L’asexualité (l’absence d’attirance sexuelle pour les autres) est parfois identifiée comme la quatrième orientation.

La bisexualité … en voila une qui reste pour certains énigmatique … si elle est de plus en plus commune coté femmes :

>>10% des femmes interrogées ont déjà eu une relation homosexuelle. Bien que la pratique reste minoritaire, le chiffre est en nette évolution depuis les années 1970. À l’époque, seules 2% des femmes déclaraient avoir couché avec une personne du sexe féminin.

C’est la conclusion d’une enquête Ifop/Référence Sexe, menée en ligne du 14 au 17 décembre 2016, auprès d’un échantillon représentatif de 2003 Français, dont 1055 femmes, âgés de plus de 18 ans . Cette étude reprend la formulation de questions posées lors de précédentes enquêtes (1970, 1992, 2006 et 2014) pour observer les évolutions des pratiques sexuelles.<< Source : Figaro Santé

>> Marie Claire posait même récemment la question : Sommes nous tous Bisexuels ?

Coté homme la bisexualité est encore un tabou assez fort, sans doute une certaine crainte de la dé-masculinisation, le regard des autres hommes joue beaucoup tout comme le poids de la culture judéo Chrétienne. Les hommes n’ont pas le même rapport à leur corps et au corps de l’autre socialement.

>> L’avis de Janine Mossuz-Lavau dans Marie Claire : Malgré l’effet de mode, beaucoup de « bi », en fait, ont du mal à trouver leur identité et à l’exprimer. « Les homos nous considèrent comme hétéros, les hétéros comme des homos. Et aucune de ces images ne nous correspond », expliquent-ils. Certains parcours sont très longs, douloureux.
Alors, question pour les curieux :  « Comment se passe la sexualité lorsque les deux aiment les deux sexes ? Est-ce que cela tient dans le temps ? Une romance est-elle possible ? ».
Pour amener un début de réponse, nous avons recueilli le témoignage d’un jeune couple marié, tous deux bisexuels totalement assumés, qui vont nous évoquer l’image qu’ils renvoient de leur orientation sexuelle, mais également leur façon de « casser le mythe » des couples « non normaux » aux yeux de la société, et également nous dévoiler leur secret de longévité d’amour et de passion.

Crédit photo : Andréa et Luc, photographe Julien Mojo

Andréa et Luc :

LBPT : Bonjour Andréa et Luc, comment avez-vous su que vous étiez bi, tous les deux ?

Pas si compliqué, lorsque l’on éprouve une attirance pour une femme, lorsque tu en es une, et vice versa, au moins, cela répond à ta question.

LBPT : Est-ce quelque chose de lourd à porter, ou bien est-ce quelque chose que vous assumiez totalement ?

Pour ma part (Andréa), c’est une chose que j’assume pleinement, et que je n’ai aucune honte ni crainte à dévoiler, mais pour Luc, c’est autre chose. Peut-être la virilité qui en prend un coup, je ne sais pas… Mais nous n’allons pas le nier, si jamais nous évoquons le sujet.

LBPT : Quelle image ont les gens de vous lorsque vous en parliez et que vous finissiez par lâcher le morceau ?

Quasiment toujours la même réaction. Bisexualité = Libertinage = Zéro barrière = Échangisme assuré, alors que pas du tout ! C’est à peu de choses près de ce qu’on nous fait comprendre. Les hommes ont un regard sur la femme bi, du style « Oh, les plans à trois, t’as tellement de chance », ou alors dans le sens opposé, des femmes me disant « Tu n’as pas peur, avec Luc ? », finalement, pour la plupart des gens, notre orientation sexuelle rime avec « je fais ce que je veux avec qui je veux et quand je veux », mais non ! Nous sommes respectueux l’un envers l’autre, nous communiquons et sommes fidèles, comme tout le monde, finalement ! Et je dirais même que notre point fort est que, grâce à notre ouverture d’esprit, nous pouvons absolument tout nous dire sans crainte de froisser l’autre, et c’est ce qui fait notre richesse par rapport à un couple hétérosexuel.

Crédit photo : Andréa et Luc, photographe Julien Mojo

LBPT : Vous arrive-t-il de fantasmer de nouveau pour une personne du même sexe ?

Absolument ! Il ne faut absolument pas confondre « Amour » et « Fantasme », ce sont deux choses qui sont à dissocier, et ce que beaucoup ne parviennent pas à faire (dont moi, parfois.) Mais cela dit, une pulsion sexuelle pour une personne lambda ne sera jamais la même que la pulsion que vous éprouvez pour la personne qui partage votre vie. Mais oui, je l’avoue (Andréa), cela peut m’arriver, puis cela passe. Et cela revient, et je pense que pour Luc, le sentiment est le même.
Je pense qu’il ne faut pas se refouler, cela empire plus qu’autre chose. Une pulsion pour une femme envers une femme et vice versa n’est pas quelque chose à bannir et que l’on doit blâmer ! Je dirais même que plus on cherche à le fuir, plus cela finira par nous rattraper. Et avant de faire le moindre dégât, autant l’assumer, se faire plaisir dans son coin en mode solo, et assumer. A voir dans la continuité.

LBPT : Finalement, quel est le secret pour que l’amour dure, malgré cela ?

Malgré ? Comment peut-on dire malgré, c’est une normalité ! Je dirais qu’à compter du moment où il y a de la communication, et une alchimie mutuelle, il ne peut qu’y avoir un épanouissement, c’est certain ! Se parler de ses envies, ses désirs, s’écouter et se comprendre, c’est donc cela, l’élixir de longévité !

LBPT : Donc, après avoir évoqué les grandes lignes de votre orientation, quelle finalité aura tout cela ? Car finalement, l’envie et le désir reviendra forcément un jour où l’autre. L’assumer, oui, mais l’assouvir ?

Je te dirais qu’en effet, la finalité est que, bien évidemment, cela va nous rattraper, c’est même certain. Même si tu as beau boycotter tout ce que tu peux, il faut se rendre à l’évidence. J’aime les femmes, lui les hommes. Nous sommes éperdument amoureux, mais je ne serai jamais un homme et lui jamais une femme. Ce serait cruel de se frustrer, bon bien, entendu, cela demande un travail de longue haleine, c’est-à-dire de communication, de longs échanges afin de ne pas brusquer l’un ou l’autre, et ce n’est pas des décisions que tu prends du jour au lendemain ! Mais oui, la finalité, je pense, est d’assouvir nos désirs de notre partie « homosexuelle ».

LBPT : Est-ce quelque chose que vous souhaitez assouvir en étant ensemble? 

Paradoxalement, pas du tout ! Que ce soit lui ou moi, c’est chacun sa personne. Ce n’est pas mon délire de regarder, et lui, voir deux femmes se faire plaisir n’est clairement pas quelque chose qui le délecte.

Crédit photo : Andréa et Luc, photographe Julien Mojo

Finalement, Andréa et Luc en sont pas des cas isolés, loin de là, Il semble que beaucoup de bisexuels se retrouvent finalement en couple hétéro.
Kristina Marusic dans un article très intéressant de Slate, indique qu’avant tout c’est une question de statistique quand 96% de la population se déclare Hétéro …
Mais ils sont tout de même une exception dans le sens où ils sont bisexuels tous les deux … au delà de quelques difficultés et contraintes … ne peut on pas considérer cela comme une chance ? Une richesse ??
Comme l’a dit avec humour Woody Allen : « Pour ma part, je suis hétérosexuel. Mais il faut le reconnaître, le bisexuel a deux fois plus de chances le samedi soir. »

Pour faire simple, que vous soyez hétéro, homo ou bi, ou même asexuel(le) cela ne fait pas de vous quelqu’un de différent, doit on encore le dire ??
Il en est de même lorsque vous êtes en couple avec une personne qui partage la même orientation que vous.
N’ayez aucune crainte d’assumer vos préférences, vos fantasmes, et surtout d’en parler à votre partenaire. Ce qui compte par dessus tout c’est l’amour !

Nina

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