Doit-on s’habiller « comme une P… » pour sortir en Club libertin ?

Doit-on s’habiller « comme une P… » pour sortir en Club libertin ?

© Stocklib / yurok

Faut-il s’habiller « comme une p… » en soirée libertine ?  Et si on en a envie d’abord où est le mal ? Est-ce un choix délibéré de la femme ou bien de son conjoint ? Est-ce de l’exhibitionnisme ? Ou tout simplement une envie venant d’Elle ? Ne serait-ce pas un peu sexiste ? Et si on se moquait du regard et du jugement des autres ?

 

Sur le marché du sexe en général, dans les clubs libertins en particulier, suivant la loi de l’offre et la demande, les femmes se retrouvent hyper valorisées et très convoitées.

Renversant l’ordre habituel du monde, ce sont les femmes qui choisissent et qui décident des pratiques, qui imposent leurs envies ( à part pour celles qui aiment être soumises et encore…). C’est en tout cas ainsi que la règle est posée depuis quelques années. Dans les clubs, la plupart du temps, les femmes seules entrent gratuitement et les hommes seuls payent leur entrée. Dans cet univers, la femme « vaut » plus qu’un homme, elle est plus rare donc plus précieuse . Il lui revient donc le privilège de décider, qui, quoi, comment …

Bien qu’elle soit en position « dominante », la femme pourtant s’habille souvent d’une manière que certains compareraient à une tenue de « professionnelle du sexe ». Comment comprendre ce paradoxe ?
Dans un article passionnant consacrée aux femmes dans le milieu libertin le socio-anthropologue Philippe Combessie tente de résoudre l’énigme.

© Stocklib / Sam D Cruz

« Dans les sex-clubs, pour les femmes, le port du pantalon est proscrit. Elles sont invitées à adopter des tenues propres à rehausser les stéréotypes les plus classiques de la femme comme objet de désir : silhouettes cambrées voire hyper-cambrées par des talons très hauts, bas résille, jupes très courtes ou minishorts, épaules dénudées, parfois poitrine apparente. On les voit donc arborer des costumes plus ou moins inspirés de ceux de femmes dont l’activité professionnelle consiste à faire commerce de l’exhibition de leur corps : danseuses de revue, strip-teaseuses, hôtesses de bar américain. Les contraintes vestimentaires sont moins visibles pour les hommes, qui sont toutefois souvent invités à se conformer aux stéréotypes de la masculinité mature : dans la plupart des sex-clubs parisiens, T-shirts, jeans et chaussures de sport sont proscrits au profit d’une tenue constituée de chemise, pantalon et chaussures de ville. Cette mise en scène du corps, et spécifiquement du corps féminin, comme objet de désir, contribue à valoriser, dans ces espaces, le capital de séduction – en l’occurrence, spécifiquement féminin.Si j’ai rencontré quelques « libertines » qui refusaient ces contraintes ou les acceptaient de mauvaise grâce, la plupart de mes informatrices, au contraire, m’ont dit qu’elles leur permettent d’endosser un rôle actif en matière de séduction dont elles se sentiraient incapables avec des vêtements de tous les jours. »

  • Témoignage : « Pour moi, le plus important, c’est les talons ! Un stiletto, c’est au moins douze centimètres de cambrure ! Avec ça, je peux conquérir le monde. Avec ça, je peux danser des heures. Normalement, on pourrait penser que ça fait mal aux pieds. Mais comme je sais que tout le monde me regarde, les mecs, mais aussi les nanas hein… ben je me sens super en forme et je peux danser pendant des heures. Et, après, quand on va dans les coins câlins, je m’éclate. Et je garde mes chaussures hein… Toujours ! Les câlins : debout, en levrette, en étoile de mer… toujours avec mes talons ! C’est mon arsenal ! […] Pour moi, sans ma panoplie, je ne peux pas libertiner. Avec ça, j’entre dans ma deuxième vie. » Sandrine, chirurgien-dentiste à Bordeaux, divorcée, un enfant, 39 ans.
http://boutique.libertic.com/

« L’assurance acquise dans cette « deuxième vie » n’est en général pas sans influence sur les comportements à l’extérieur : les femmes ayant développé leur capital de séduction ainsi valorisé dans ces espaces se disent plus sûres d’elles-mêmes en cas d’agression sexiste dans la rue, voire dans leur univers professionnel ou à domicile. Mais cela doit rester discret ou se faire de façon détournée : il n’est pas question que les pratiques de pluripartenariat soient découvertes. C’est ainsi que mes informatrices m’ont dit tenir leurs « fringues de pute » sous clé, craignant que leurs enfants ne les repèrent. De telles tenues ne peuvent être portées dans la rue.Les déguisements sont bienvenus dans les espaces « libertins » : soubrettes, infirmières, femmes-policiers, hôtesses de l’air… mais point de prostituées – sauf lors de soirées spéciales. La tenue « libertine » est, de fait, une quasi tenue de professionnelle du sexe, mais n’est pas un déguisement ; ce serait davantage un signe de reconnaissance, un peu comme le jeans parmi bien des étudiants. uniforme scolaire par exemple) mais qui serait toujours destiné à une « poupée Barbie sexy », façon de conférer un caractère esthétique à ces tenues, comme en témoigne le nombre de ces soirées dénommées Eyes Wide Shut – référence au dernier film de Stanley Kubrick où l’on découvre quelques scènes de sexualité collective à la fois très ritualisées et très esthétiques avec des personnages arborant des masques vénitiens. Modèle de la « poupée Barbie sexy » peut être lu comme le plus petit commun dénominateur des fantasmes masculins dans l’Occident contemporain, apte à exciter le plus grand nombre d’hommes présents dans ces espaces, quelle que soit leur origine. Quant à son alter ego « Ken », qui peut être considéré comme l’un des modèles auxquels les hommes sont invités à se conformer en milieu « libertin », il ressemble beaucoup aux stéréotypes masculins des romans sentimentaux populaires ou au personnage de l’homme d’affaires Christian Grey, qui semblent faire fantasmer nombre de femmes occidentales – on notera, dans les deux cas, que le charme produit par la plastique corporelle masculine ne semble opérer que lorsque le statut socio-économique est conséquent. Les « scripts para-prostitutionnels » , tout comme les tenues de soubrettes, infirmières, hôtesses de l’air… sont donc la condition sine qua non pour que des personnes issues de milieux divers et qui ne se connaissent pas puissent éventuellement entrer en interaction sexuelle. »

( Article Source : https://journals.openedition.org/teth/422?lang=en )

© Stocklib / Olga Ekaterincheva

Exhibitionniste et Provocation ?

Être habillé en petite tenue est-elle une façon de provoquer ou de s’exhiber ? Peut être un peu des deux finalement !
Beaucoup de femmes apprécient l’exhibe pour affirmer leur féminité, prendre conscience de leur pouvoir de séduction et l’attirance que leur corps exposé provoque chez l’autre … homme ou femme … renforcer
C’est aussi un fantasme pour certains conjoints de voir des personnes extérieures désirer leur compagne ( tendance candauliste ). Et puis, il y a aussi des femmes qui aiment se montrer, partageant aux autres leurs courbes sexy, prendre de la hauteur avec des talons hauts vertigineux. C’est une manière de s’affirmer et de prendre confiance en soit. Mr Combessie décrit les envies de la femme libertine, mais il ne s’appuie pas sur une supposée pression des hommes. Beaucoup de femmes décrites dans son sujet son volontairement attirées par le fait d’être habillées « comme une pute », jouant ainsi de l’uniforme et du rôle. Cependant, si les femmes étaient tout simplement vêtue d’un jeans tee-shirts, seraient-elles pour autant moins attirantes dans ce contexte ?
En tout cas les clubs n’imposent en général que le port d’une tenue Féminine heureusement. Vous pouvez très bien porter une petite jupe cintrée avec un chemisier blanc agrémenté de superbes bas que l’on suggère et une petite paire d’escarpins vernis … qui n’a jamais fantasmé sur une secrétaire sexy ? D’ailleurs les nombreuses soirées à thèmes dans les clubs illustrent bien l’attrait pour le costume et / ou l’uniforme qui permet de prendre un rôle et de se laisser aller aux fantasmes plus facilement sous couvert de jeu dans un lieu où cela est possible.
On touche un peu du doigt aussi le Fétichisme …

© Stocklib / Richard Martin Lee
© Stocklib / dolgachov

Et l’homme dans tout ça ?

Ne serait-ce pas aussi une façon de partager son « trophée » ? Un homme en club libertin aime avoir à son bras une femme charmante, belle et sexy. Il aime la montrer, la voir danser, il la met en avant comme un signe de réussite. Puisque en club toutes les barrières sociales tombent, personne ne peut savoir si vous êtes cadre supérieur, ou routier… Faire valoir sa femme est-il une autre manière de ce sentir supérieur ? L’homme devient un peu le « Mac », dans ce cas présent. Effectivement, L’homme en couple qui aime voir sa femme habillée de telle sorte pour séduire les autres hommes n’endosserait-il pas un peu ce rôle symboliquement ?
Tout comme le roi Candaule  qui, aimant tellement sa femme, admirant tellement sa beauté, veut en convaincre les hommes autour de lui ??

Serait-ce une manière de libérer la femme ?

Dans la société occidentale,  la femme a une place dans laquelle elle additionne les rôles. Elle doit avoir l’image de l’épouse parfaite, la maman parfaite, l’amante qui répond toujours aux attentes de son conjoint, sans oublier qu’elle travaille aussi le plus souvent en plus de tout cela !
Dans le milieu libertin, nous en demandons beaucoup aux femmes aussi finalement. Qu’elles soient désirables, très coquines voir ‘cochonnes’, qu’elles soient performantes, sexy, si possible Bi …
Le fait de pouvoir décider à la place de l’homme, de prendre le pouvoir en matière de séduction, de se sentir désirée, passe aussi par le choix stratégique de la tenue finalement.

La femme libertine habillée « comme une pute » se considère-t-elle comme prostituée ? Oui si c’est son fantasme et Non car ce n’est qu’un rôle finalement. Tout dépend de l’interprétation que vous y donnez. Être ( ultra ) sexy et provocatrice, changer de partenaires dans la soirée, ne veut pas forcément dire que vous êtes ouverte à tout et prête à tout avec n’importe qui …

Finalement s’habiller ainsi , ne serait ce pas une certaine libération sociale ? Casser les codes, transgresser les règles.  À l’heure où la femme et les droits des femmes est au sujet de toutes les actualités, ( les agressions sexuelles, les inégalités de salaires entre l’homme et la femme…) ne serait-ce pas une façon cachée d’envoyer bouler le système ? D’oublier les conventions ? De réaffirmer que son corps n’appartient qu’à elle !

© Stocklib / Anna Kvach

Et si c’était notre échappatoire ?

Et si revêtir vos plus beaux apparats de séductrice était une manière d’échapper à votre quotidien ? De vous sentir plus femme, de vous sentir vous même l’espace que quelques heures. De libérer la pression quotidienne.
Passer de longues minutes voire des heures à vous préparer dans votre salle de bain, prendre du temps pour soi, entrer dans le personnage, en imaginant le regard amoureux que votre conjoint vous lancera lorsque vous passerez le pas de la porte. Le regard envieux des autres hommes, des autres femmes, et même le regard jaloux des autres femmes ( n’y a t il pas un peu compétition parfois ? )

Finalement, pour répondre au titre de cet article, que vous ayez enfilé une petite robe sage avec des escarpins ou une tenue laissant apparaître plus de peau que de tissus peu importe finalement. Si vous avez décidé d’être habillée de façon sexy ou ultra provocante voire indécente c’est votre choix. Pour vous même, pour votre conjoint ou pour les autres, ou pour provoquer gratuitement pourquoi pas ?

Le principal c’est de se sentir bien dans ce que l’on porte et d’en faire bon usage … et surtout de faire ce que l’on veut comme cela nous plait  !!!

 

PS :  Il n’y a qu’un seul vêtement obligatoire quand on ‘galipette’ en soirée libertine c’est le préservatif … protégez vous et protégez vos partenaires.

Nina&Phil

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